Le taïjiquan est une tradition de l'Alchimie interne taoïste

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L’image ci-contre est le zhouzi taijitu, symbole de l’Alchimie interne taoïste.

Le taïjiquan peut être pratiqué tel un sport, une mise-en-forme, un loisir ou tout ce qu’on voudra, mais fondamentalement il appartient à la vieille tradition de l’Alchimie interne taoïste.

 

 

 

 

Le zhouzi taijitu

L’être humain (microcosme) est le résumé, la synthèse et la splendeur du monde (macrocosme), il est est donc le reflet du monde et vice-versa. Grâce au taïjiquan, leurs correspondances mutuelles se révèlent.

Le diagramme du zhouzi taijitu représente le processus par lequel le dao donne naissance aux dix-mille êtres et choses de la création ; dans le sens inverse, il s’agit du parcours alchimique.  Plus d’information sur les origines du zhouzi taijitu sur  Wikipedia.

Bien qu’on retrouve en Chine une riche tradition de mythes sur la création du monde, ceux-ci ne se constituent pas un premier moment. Pour le Chinois, la création du monde se produit en continue, à chaque instant.

L’alchimie interne taoïste n’a rien d’ésotérique, simplement, il permet de révéler ce qui est. Il est ambitieux, voire illusoire de vouloir décrire cette tradition ancienne d’un grand raffinement en quelques mots. Grâce au zhouzi taijitu, tentons quand même quelques explications...

 

Tout ce qui existe est à la fois Un et Multiple

Selon les traditions ancestrales de la Chine, la réalité est un tout indivisible, non composée d’objet. D’ailleurs, les sciences de la Relativité et du Quantique tirent depuis peu les mêmes conclusions. D’un côté, la réalité est Un, ce qui n’est ni plus ni moins que LE MOMENT PRÉSENT ; de l’autre côté, les réalités sont Multiples, propre à l’humanité, à la CIVILISATION. Le Multiple est celui des sens, du mental, de l’individualité, ainsi que celles des langues, des cultures, des sciences et des philosophies. L’Un et le Multiple coexistent et constituent une ambiguïté d’une grande importance dans la compréhension de la condition humaine. À eux deux, ils sont à la base de l’Alchimie interne taoïste et du taïjiquan.

Dans son excellent livre sur le sujet, Albert Low parle de l’unité et de la dualité, du centre et de la périphérie. Il dit notamment :

« Étant simultanément au centre et à la périphérie, bien qu’indivisible de par notre nature même, au cœur de chacun de nous s’ouvre un conflit fondamental, un schisme, une blessure béante. Cette blessure bénie, comme certains l’ont qualifiée, est à la fois la source de notre souffrance et celle de notre félicité, de notre joie. »

Cf. Albert Low, Créer la conscience, le relié Poche, 2012.

Le taïjiquan, propose d’accorder l’Un et le Multiple.

Le terme même « taïjiquan » signifie :

« L’être humain est à la fois centré (tài)
et à la fois dans la complexité naturelle des pôles opposés ().
Grâce à la main (quán) et au corps (quán)
on peut rassembler en soi le tài et le pour établir un équilibre parfait.
»

Plus de détails...

Le processus alchimique lui-même appartient à l’Un, il est donc indescriptible, imperméable à une compréhension intellectuelle. Malgré cela, si on tente de le décrire, tout ce qu’on peut en dire appartient au Multiple et reste donc laconique, voire incompréhensible et même quelque peu faux. La métaphore et l’allégorie peuvent cependant apporter un certain éclairage. Veuillez donc lire les propos qui précèdent et qui suivent en tenant compte de ces restrictions. 

 

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La création du monde

La tradition taoïste décrit la création du monde comme suit :

De haut en bas.

  • Le processus qui donne naissance au monde débute avec le wuji (le vide, la première manifestation de l’Un) issu du dao (mère de toute chose, l’Un) : le cercle rouge, celui du haut
     
  • qui donne naissance au yin/yang (la dualité, le germe du Multiple) : les deux demi-cercles suivants
     
  • qui engendrent les cinq éléments (les grandes lignes du Multiple) : le diagramme avec des cercles reliés
  • qui induisent le processus de transformation du chen en qi et du qi en jing (le Multiple) : le deuxième cercle en partant du bas
     
  • qui se rassemble au dantian (le Centre, la présence de l’Un dans le Multiple) : le cercle du bas
     

 

L’alchimie interne taoïste

L’alchimie interne taoïste propose le chemin inverse de la création du monde. Dans le taïjiquan, celui-ci est composé essentiellement de techniques solidement ancrées dans le corps avec la participation de l’esprit. En voici les grandes lignes :

De bas en haut.

  • Le cercle du bas
    Le processus débute avec le dantian. Le dantian est la clef du processus alchimique. Dès le début de l’apprentissage du taïjiquan, le dantian est localisé et utilisé pour initier, soutenir et guider le mouvement qui devient alors centré. Graduellement le dantian prend de l’importance jusqu’au point où le corps et l’esprit, les pensées, les sens et l’ego s’y réfugient pour qu’il ne reste plus que lui. Il ne reste ensuite qu’à le faire disparaître pour que le vide révèle le plein.
     
  • Le deuxième cercle en partant du bas
    Tel que décrit dans la tradition alchimique, le dantian permet les procédés de transformations du jing en qi et du qi en chen. Le Rein engendre le Jing (Plus de détails...), le dantian engendre le qi et le coeur (xin) engendre le Chen qui retourne à la vacuité. Allégoriquement, il s’agit du blé, fruit de la terre, qui se transforme en farine, de la farine qui se transforme en pain et du pain qui, une fois la digestion terminée, retourne à la terre.  
     
  • Le diagramme avec des cercles reliés
    Les transformations précédentes produisent la fusion des cinq éléments, ce qui correspond aux constituants structurels appliqués aux cinq constituants organiques du taïjiquan. Plus visibles et plus connus, les constituants structurels sont : la forme, la posture, la manœuvre et la phase. Plus difficile à déceler, les constituants organiques, qui résument l’être humain et le caractérisent, sont : le mouvement, la détente, la respiration, l’alignement et le qi (énergie vitale). Les nombreuses techniques du taïjiquan permettent de les découvrir, de les activer, de les accorder, puis de les assembler.
     
  • Les deux demi-cercles suivants
    Les cinq éléments révèle le yin/yang, grâce au shi et au yi. Les cinq éléments constituent le terrain de jeu, le shi représente les joueurs, tandis que le yi, en est en quelque sorte l’arbitre.
     
  • Le cercle rouge, celui du haut
    Dans le jargon de la tradition alchimique, l’aboutissement du shi et du yi entraîne le processus final qui active le zhi, lequel permet de révéler le xin (coeur). En poursuivant l’allégorie précédente, le zhi englobe tout ce qui existe : le terrain de jeu, les joueurs, l’arbitre, les spectateurs et le cosmos.  Quand au xin, il correspond à l’Un, au dao.

 

Le taïjiquan est une tradition de l’Alchimie taoïste.

     
Le taïjiquan permet de révéler ce qui est.