Printemps et taijiquan
Par gilles le lundi, mars 29 2010, 00:59 - Chroniques - Lien permanent
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Il n’est rien de si précieux que le temps de notre vie, cette matinée infinitésimale, cette fine pointe imperceptible dans le firmament de l’éternité, ce minuscule printemps qui ne sera qu’une fois et puis jamais plus. (...) Tout à l’heure, il sera trop tard, car cette heure-là ne dure qu’un instant. Le vent se lève, c’est maintenant ou jamais. Ne perdez pas votre chance unique dans toute l’éternité, ne manquez pas votre unique matinée de printemps. Vladimir Jankélévitch
Nous n’avons ni corps, ni émotion, ni pensée. Nous sommes du néant dans le néant. Depuis toujours et pour toujours, nous sommes du néant dans le néant. Nous n’existons pas, l’univers n’existe pas. Depuis toujours et pour toujours, nous sommes du néant dans le néant.
Bing ! Le temps d’un éclair, nous sommes au monde, nous grandissons, nous vieillissons et nous disparaissons. Bing !
Dans le très court moment entre notre apparition et notre disparition, nous parcourons le monde, nous admirons les étoiles, nous profitons du printemps… Pourquoi nous et non les milliards de milliards, de milliards de tous ceux qui n’existeront jamais ? Quelle chance ! Nous sommes les heureux gagnants de la plus grande et la plus mystérieuse des loteries de l’univers.La durée de notre existence est de 80, 90, 100, 110 ans... un clignement d’œil à l’échelle cosmique. Comparez avec la Terre qui date de 5 milliards d’années et l’univers qui date de 15 milliards d’années.
Ensuite, ce sera le retour au néant. Plus de fleurs, plus de terre, plus d’étoiles et finis les printemps. Depuis toujours et pour toujours encore, nous n’existerons pas, l’univers n’existera pas. Depuis toujours et pour toujours encore, nous serons du néant dans le néant.
Pour le moment, c’est la surprise, l’étonnement, la curiosité, l’enchantement… Chaque coup de vent est une caresse inestimable, chaque rayon du soleil, chaque printemps est un cadeau incalculable. Les peines et les malheurs sont peut-être eux aussi, à leur manière, des cadeaux ?Il y a peut-être la vie après la mort, le ciel, l’enfer, la réincarnation… ou rien, qui sait ?
Malgré tout, nous sommes au monde ! Ne faut-il pas crier notre joie et célébrer notre présence et notre participation au monde ? Depuis 2 millions d’années, nous les humains parcourons la planète et ne cessons de découvrir la grandeur et la majesté du monde. Nous avons appris beaucoup sur l’univers mais plus nous élargissons nos connaissances et plus le mystère augmente. L’existence même de ce mystère est peut-être la plus grande de nos découvertes ? Notre venue au monde, notre présence dans l’univers et l’arrivée du printemps en sont des manifestations !La faim, la douleur, le malheur et la mort… sont peut-être nécessaires à la satiété, au plaisir, au bonheur et à la vie ? Peut-être que les uns ne peuvent exister sans les autres ? Selon le Tao Te Jing, « Le beau a besoin du laid pour exister… le son est inexistant sans le silence ».
Ces quelques réflexions inspirées des traditions ancestrales de la Chine aiderons peut-être l’apprentissage de nos enseignements, sans être à un enseignement à leur tour. Il faut les considérer pour ce qu’elles sont : enthousiasme et joie… pour le retour du printemps.QIGONG, KUNG-FU ET TAÏJIQUAN
De l’évidence que la vie est précieuse, naît l’évidence qu’il faut tout faire pour mieux la connaître, l’entretenir, la préserver et la célébrer. La danse, la musique, ainsi que les autres expressions artistiques sont les premières activités humaines nées de ces préoccupations. Les religions, les philosophies et les sciences répondent, chacune à leur manière, à ces préoccupations.
Quant à eux, les inventeurs chinois du qigong, du kung-fu et du taïjiquan, ont légué un héritage prodigieux qui échappe aux catégories telles que nous les connaissons. Un héritage fabuleux qui est un art où l’artiste et la réalisation artistique se confondent, un mystère sans Dieu ni rejet de Dieu, une philosophie sans parole qui passe par le langage du corps, une science sans théorie ni formule qui repose sur la mise en œuvre individuelle de ce qui est universel.
Plus d’information sur le qigong, le kung-fu et le taïjiquan.
Avec le printemps la nature se réveille et s’anime : les oiseaux, les nuages, le vent, la pluie, les fourmis, les souris, les matous… Célébrer le printemps, c’est saluer la vie, c’est vibrer à notre présence au monde.
Malheureusement, il y en a plusieurs qui n’ont pas vu que c’était le printemps.
Et vous, avez-vous remarqué l’arrivée des bourgeons ?