Le givre et la brume

Jeudi, il est sept heures du matin. Le soleil qui amorce son apparition diffuse une lueur blanche à travers la brume. La nuit a déposé du givre sur toutes les surfaces. Le sol, les toitures et les automobiles sont presque entièrement recouverts d’une couche blanche. Il n’a pas neigé mais tout est blanc comme de la ouate. Deux corbeaux cherchent leur déjeuner. Ils bondissent avant de s’envoler dans l’air vif comme des morceaux de charbon noirs sur la neige blanche.
Il y a de plus en plus de corbeaux à Montréal et partout au Québec. Les corbeaux (corbeau ramasseur de graines) sont d’une espèce différente des corneilles (corbeau cadavre ou corbeau charogne). Le corbeau est plus gros, moins braillard et se déplace seul ou en couple. Le corbeau qui croasse "cââ " est tout noir avec des reflets pourpres. La corneille qui craille "couac" a un plumage noir avec des reflets violets ou bleu-verdâtre. Contrairement à la corneille qui prend son essor directement, le corbeau saute plusieurs fois avant de s’envoler.
Le soleil se lève comme une tache claire dans la brume blanche qu’il disperse imperceptiblement. Deux heures plus tard, le soleil occupe tout le ciel. Il ne reste plus aucune trace du givre et de la brume. Vendredi, le soleil se lève orange, éclatant dans un ciel dégagé.