Le Taïjiquan (Tai Chi) avec la respiration

Le Taïjiquan (Tai Chi) avec ou sans la respiration
Dans certaines écoles de Taïjiquan (Tai Chi), on enseigne aux élèves qu’il faut laisser la respiration se faire sans intervention et que celle-ci se placera toute seule. Par conséquent, on se contente d’apprendre les mouvements du Taïjiquan (Tai Chi). Cette méthode comporte peut-être des avantages, mais cela ne correspond pas à ce qui est enseigné dans notre école.
Apprendre la posture et la respiration
S’il y a quelque chose à apprendre dans la posture, pourquoi n’y aurait-il rien à apprendre dans la respiration ? Si la respiration doit se placer toute seule, pourquoi alors la posture ne se place-t-elle pas toute seule, elle aussi ? En suivant ce type de raisonnement, pourquoi apprendre la posture ? Ne devrait-on pas alors improviser tous les mouvements ? Selon mon expérience, il est vrai que la respiration doit se faire sans nos interventions, comme la posture aussi d’ailleurs, mais pas avant d’avoir pratiqué certaines techniques. La posture, comme la respiration, chez la plupart d’entre nous, a été gravement privée d’occasions de s’exercer pleinement. C’est justement là qu’intervient le Taïjiquan (Tai Chi). Dans un premier temps, en fournissant ces occasions, ensuite, la posture et la respiration peuvent alors se faire sans nos interventions et de façon plus satisfaisante.

La posture est liée à la respiration
Si la posture du Taïjiquan (Tai Chi) est apprise et mémorisée sans la respiration, elle s’intègre et s’automatise sans la respiration qui reste à jamais étrangère à la posture. Dans ce cas, au fil des répétitions, les mouvements deviennent de plus en plus mécaniques et artificiels. Les mouvements deviennent de plus en plus des automatismes qui s’éloignent du naturel. À l’opposé, une posture de Taïjiquan (Tai Chi) apprise avec la respiration, ne se fera pas de la même façon. Au début, la différence est petite et difficile à distinguer mais elle est de taille. La posture et respiration sont alors mémorisées avec le lien qui les unit. Ce lien n’est jamais exactement le même. À travers ce lien, posture et respiration sont constamment remises en question et ne se font jamais exactement de la même façon. Une répétition n’entraîne plus un automatisme mais de l’imprévisible et donc, se rapproche du naturel.

La respiration fait le pont entre la posture et le Qi
Quand la posture est apprise avec la respiration cela entraîne un lien avec le Qi qui lui aussi est appris avec la respiration.
Il est d’ailleurs intéressant de noter que les écoles qui préconisent une respiration qui s’installe sans intervention, préconisent aussi le Qi qui s’installe sans intervention. Ne perdons pas de vue que dans chaque école il y a du bon, malgré que les façons de faire puissent beaucoup varier d’une école à l’autre. Chaque école a aussi des objectifs particuliers souvent différents des autres écoles. Plus de détails ici....
Dans notre école, l’objectif est le retour au naturel. C’est dans ce contexte que la posture, la respiration et le Qi sont appris. La respiration et le Qi sont d’abord étudiés séparément, puis mis en relation avec la posture. Dès le début, chaque posture inclut la respiration et le Qi. La qualité de la respiration et du Qi est souvent petite au départ, mais graduellement, elle augmente et entraîne une meilleure posture. Les trois éléments : posture, respiration et Qi sont indispensables les uns aux autres. Sans les autres, chacun d’eux n’est qu’une caricature de lui-même. Avec la respiration et le Qi unis à la posture, celle-ci peut se répéter sans jamais être exactement la même. Là où un observateur extérieur ne voit qu’un mouvement qui ressemble à un autre, il y a quelque chose de différent, de neuf, de surprenant et quelquefois de naturel qui se produit. Le Taïjiquan (Tai Chi) est une merveilleuse méthode qui nous rapproche du naturel.

Le Taïjiquan (Tai Chi) est un Art du Dao
Les Arts du Dao dont fait partie le Taïjiquan (Tai Chi) vise l’observation et le rapprochement du vivant. Comme le vivant est trop vaste pour être saisi par des mots et par les concepts humains, l’Art du Dao aborde le vivant dans sa globalité et par imitation. Prenons un exemple : pour dormir, vous vous allongez et vous jouez à dormir puis, le sommeil vous emporte. De la même façon, dans le Taïjiquan (Tai Chi), vous jouez avec la posture, la respiration, le Qi et quelquefois, c’est le naturel qui vous anime.

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