Ma première pratique guidée de Taïjiquan (Tai Chi) de l'été

Nous sommes le 21 juin 2006, dans le parc Outremont, à 18h. Je donne ma première pratique guidée de Taïjiquan (Tai Chi) de l’été...
Quand j’arrive, cinq minutes après l’heure, Marie-Josée, Michèle et Anne sont sur le banc, en pleine conversation. Nicolas est assis un peu plus loin, près du bassin d’eau. Il surveille les gouttelettes qui s’échappent de la fontaine. Gaétan arrivera plus tard, épuisé par une dure journée, mais radieux de se retrouver avec nous. Gaétan est le sauveur des émigrants qui ont le bonheur de se retrouver dans ses classes de français. Grâce à lui, ils apprendront les articles, les adjectifs et les verbes. Dans le même cours, les chanceux auront droit au franc parlé beauceron, aux recettes de ma tante Gertrude et au répertoire de la belle chanson canadienne.

« A-t-elle sonnée ? » Demandais-je à la volée. « Oui ! Il y cinq bonnes minutes de cela », me répond-t-on en riant. Il s’agit bien sûr de la cloche de l’église voisine qui sonne l’angélus. « Y a-t-il des amateurs pour la forme des Six postures ? ».

Quelques promeneurs, des familles, des amoureux profitent de la verdure du parc. Nous ne sommes pas la seule activité ce soir. Il y un autre groupe de Taijiquan (Tai Chi), un groupe de gongfu et un groupe de yoga. Chacun dans son coin, à ses affaires et personne ne troublant la tranquillité des autres. Ils sont moins nombreux, puis s’en vont au fur à mesure que la soirée avance.

La lumière décroissante de cette fin de journée est riche et belle. L’air est frais sans être froid et le vent léger fait bouger les feuilles dans un bruissement. Des écureuils et des oiseaux s’affairent, puis ils disparaissent un à un. Des bonnes odeurs passent, puis laissent la place à l’indicible bouquet du naturel.

Après les Six postures viennent les Treize postures, puis les 127 postures. Graduellement, la posture s’amalgame avec la respiration, la détente et le Qi. Un moment, cela importe. Un moment de plus, et cela n’importe plus.



Mozart - Air de la reine de la Nuit

La présence pure brille dans la noirceur envahissante. Puis, la présence elle-même brille par son absence.

Enfin, parfois même, la noirceur se confond dans la blancheur.



Quelle splendeur ! Les marroniers sont en fleur.


Mozart - Air de la reine de la Nuit


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