Réflexions du Nouvel An

Il neige sur Montréal
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rôle du dantian et du Qi dans le taïjiquan.

Il est de tradition de formuler des résolutions à l’occasion du Nouvel An. Il est aussi courant de les oublier le plus rapidement possible jusqu’à l’année suivante.

Une autre tradition du Nouvel An consiste à s’exprimer mutuellement des vœux. Ceux-ci ne sont souvent que des formules générales formulés par tous, indistinctement à qui elles sont adressées.

 

Les deux traditions, tout à fait charmantes par ailleurs, sont révélatrices de l’attrait que nous, les humains, avons pour les extrêmes, pour « le tout » ou « le rien ». Une seule fois par année on échange des bons vœux et on prend des résolutions, quant aux 364 jours restants, plus rien.

 

Cette attraction pour le tout est l’appel de l’Unité. Cette propension pour le rien est l’invitation de la Diversité. L’Unité et la Diversité composent notre existence. Tout ce qui existe est à la fois Un et Multiple. Détails...

 

Dans le même ordre d’idée, d’un côté, il y a des décisions importantes, celles qui nous préoccupent énormément, à laquelle nous consacrons beaucoup de temps. De l’autre côté, il y a les petites décisions, celles qui passent inaperçues, que l’on écarte rapidement. Ce sont pourtant ces dernières qui nous définissent le plus. La difficulté est notre inaptitude chronique à les voir et à les saisir pour ce qu’elles sont.

 

L’UN ET LE MULTIPLE

Cette préoccupation ostentatoire pour les grand évènements est l’appel de l’Unité. Cette préoccupation plus discrète pour les petites choses est l’appel de la Diversité. L’Unité et la Diversité sont intimement reliées. La Diversité fait partie intégrante de l’Unité et l’Unité est composé de la Diversité. On devrait donc dire l’Unité/Diversité, car les deux sont indissociables, tel le yin/yang de la tradition taoïste chinoise.

 

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Il est plus fidèle à la tradition de dire « yin/yang » au lieu de « yin et yang » comme on entend souvent. Le yin n’est pas féminin, lunaire, sombre, humide, doux, froid, etc. tandis que le yang n’est pas masculin, solaire, lumineux, ardent, dur, chaud, etc. Le yin/yang ne désigne pas deux réalités mais deux facettes de la même réalité, tel le recto/verso d’une feuille qui ne peuvent exister l’un sans l’autre ou encore le haut/bas qui sont l’exacte opposée de la même chose. Plus encore, la conjugaison des deux, ne représente pas une polarité antinomique, mais évoque le caractère rythmique de la vie.

 

 

 

 

 

La tradition du taïjiquan qui est issue de l’Alchimie interne taoïste propose de transformer notre rapport à l’Unité/Diversité, à le (les) traiter pour ce qu’il est (ils sont), à la fois un et deux. Pour ce faire, le taïjiquan dispose du dantian et du Qi. l’exploration et l’accord du dantian et du Qi sont au coeur du taïjiquan.

LE DANTIAN

Dans le processus alchimique du taïjiquan, la recherche de l’Unité se traduit par la recherche du dantian. Le Dantian correspond au hara de la tradition japonaise. En pratique, dès le début de l’apprentissage du taïjiquan, le dantian est localisé et utilisé pour initier, soutenir et guider le mouvement qui devient alors centré. Graduellement le dantian prend de l’importance jusqu’au point où le corps et l’esprit, les pensées, les sens et l’ego s’y réfugient afin que tout ne fasse qu’un avec lui. Dans l’étape alchimique finale, il ne reste ensuite qu’à le faire disparaître pour que le vide révèle le plein.

   Le « Hara » (dantian) n’est pas seulement une théorie doctrinale ; c’est l’enseignement d’une pratique au service de l’essentiel.

   [...]

   Le Moi, centre de notre conscience naturelle, ne peut servir la réalisation de notre destination véritable que si, au lieu de se poser en maître, il reste le serviteur de la Grande Vie.

   [...]

   Le Hara ne recouve rien d’autre que l’incarnation et la présence consciente de ce centre originel de vie dans l’homme.

   Karlfried Graf Dürckheim
   Cf. HARA : Centre vital de l’homme, trad. Claude Vic, Le Courrier du Livre, 1974

LE QI

Toujours dans le processus alchimique du taïjiquan, la Diversité correspond au Qi (chi, énergie vitale) qui touche non seulement chaque partie du corps et de l’esprit, mais aussi constitue l’essentiel du cosmos. En pratique, dès le premier cours, le Qi se révèle et permet d’orienter correctement chacun des plus petits moments du taïjiquan. Le Qi dans les mains est une première étape essentielle. Ensuite, il y a aura le QI dans les endroits privilégiés. Il y aura le petit Circuit, le Grand Circuit, etc. Il y aura le Qi dans le corps puis celui hors du corps puis partout. Il y aura surtout le Qi qui est toujours relié au dantian. Les deux finissent par fusionner et ne faire qu’un. 

 

 

 

Chaque flocon qui tombe est unique et apporte sa propre musique.

Chacun d’eux est le résumé et le reflet de toute la splendeur de la neige.

 

 

 

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