Le Kung-fu sans combat


Nous enseignons un Kung-fu ancestral classique.

Un Kung-fu ancestral classique sans combat, sans compétition et sans grade.

Notre propos n’est pas de nier que le Kung-fu soit un un sport ou une technique de combat ni de dénigrer ceux qui font des compétition ou du combat avec le Kung-fu.

Le terme Kung-fu désigne de multiples traditions très anciennes et le Kung-fu sans combat en est une qui est souvent ignorée. Les écoles de kung-fu ont toutes une très grande rigueur et on y retrouve une grande diversité de styles passionnants issues d’un héritage chinois plusieurs fois millénaire.

On trouve des traces du Kung-fu sans combat dans l’étymologie du nom, ses objectifs et ses annales.

L’ÉTYMOLOGIE ET LES OBJECTIFS DU KUNG-FU

Selon l’expert Georges Charles, pour désigner les Arts Martiaux les Chinois utilisent le terme Wushu et les Japonais le terme Bu Jutsu (ou Budo). Les deux signifient originellement : « Art capable d’arrêter la guerre » ou « Art s’opposant à la violence ». On est donc totalement à l’opposé de la traduction généralement admise... il ne s’agirait nullement d’un « Art guerrier ou Martial, dans son sens occidental actuel », mais bien au contraire d’un art créé pour s’opposer à la violence.

Georges Charles est reconnu en France et en Europe, mais également en Chine, comme l’un des tous premiers pionniers dans l’implantation des Arts Martiaux Chinois Traditionnels et des pratiques chinoises de Santé en Occident. Il a été fondateurs d’associations, de fédérations et de regroupements de toutes sortes, enseignant puis auteur-écrivain dans ces mêmes domaines. Plus de détails sur le Kung-fu le site Internet de Georges Charles : http://www.tao-yin.com/archives/archives_wushu_001.html
"Bu" veut dire arrêter la lance donc mettre un terme à la violence. Il n’est alors pas juste de le référer au mot "martial" qui tire son étymologie du dieu de la guerre et de la destruction Mars. Bu prend un sens d’équilibre, d’harmonie entre les hommes par le fait de maîtriser la violence, mais également entre l’univers et l’homme. Ce que traduit le Dô, est une démarche existentielle du corps et de l’esprit faite d’un courage introspectif, de persévérance et d’humilité, qualités si absentes de nos jours. En référence à cette approche traditionnelle, Bu et Dô nous éloignent d’une simple logique de combat sportif. Source

Tenant des propos semblables à ceux de Georges Charles, un autre expert, Roland Habersetzer explique que ce n’est que tout récemment que le terme « Kung-fu » est devenu d’un usage courant pour désigner le Wushu en Occident. Après de longues années de recherche, il nous livre sa trouvaille la plus importante :

« L’aspect self-défense ou science du combat n’est que très partiel, voire secondaire ; pour un maître chinois, Kung-fu est un état d’esprit avant d’être une technique; c’est un mode de vie, une voie de l’accomplissement de soi-même à travers des expressions corporelles applicables au combat. » (Roland Habersetzer, Kung-fu, édition Pygmalion 2001, à la page 72.)

« Si l’art est bien compris, les pratiquants restent à même de déboucher un jour sur une découverte toute personnelle qui donnera un jour sens à leur existence… Voici comment il faut comprendre l’accomplissement de soi : l’homme accompli, … voit soudain clair car il voit au-delà des apparences. » (Roland Habersetzer, Kung-fu, édition Pygmalion 2001, à la page 77.)

Roland Habersetzer a été l’une des premières ceintures noires françaises de karaté et l’auteur de plus d’une soixante d’ouvrages consacrés aux arts martiaux, dont nombre d’entre eux ont été traduits dans plusieurs pays. Plus de détails sur l’évolution des arts martiaux sur son site internet : http://www.tengu.fr/budocult11.htm

Selon le cas, le kung-fu peut être plus adapté à remporter des compétitions, à l’emporter dans un combat, à "comprendre l’accomplissement de soi", ou tout simplement sans rien à obtenir parce que tout est à exercer. Dans ce dernier cas, tout est déjà là et n’attend que le moment propice pour se manifester. Il s’agit moins d’objectifs à atteindre que d’une réalité à célébrer.

LES ANNALES DU KUNG-FU

Il est généralement reconnu que l’origine des Art martiaux est intimement relié au Monastère de la Petite Forêt de Shaolin, lieu de résidence du moine indien Bodhidharma en visite en Chine. Historique ou légendaire, Bodhidharma à qui les moines du Shaolin attribuent l’invention de leur fameux Kung-fu est aussi reconnu comme le successeur du Bouddha historique et le fondateur de l’école tchan, courant contemplatif (dhyâna) du bouddhisme mahayana, devenu au japon l’école zen.

Le Kung-fu issu de Bodhidharma et des moines du Shaolin ne pouvait être que sans combat. À toutes les époques et dans tous les pays, les moines bouddhistes ou autre, ne s’intéressent pas au combat pour le combat.

Par exemple, est-ce que lors d’un voyage pour diffuser son art et ses méthodes de travail, un grand peintre qui se spécialise dans les toiles représentant des fruits et des légumes peut devenir l’inventeur d’une nouvelle méthode d’agriculture ?

Bodhidharma n’a pas inventé le kung-fu qui existait déjà en Chine depuis fort longtemps, il a seulement enrichit le kung-fu déjà millénaire d’une nouvelle version "de méditation", sans combat. En plus d’être un combat, le kung-fu devenait aussi une occasion "d’accomplissement de soi". Il faut noter que cette création n’a peut-être pas eu lieu il y a mille cinq cent ans ni au temple du Shaolin. Bodhidharma lui-même n’a peut-être même pas existé. Cependant, l’existence même de cette légende nous porte à croire que cet ajout au kung-fu a cependant eu lieu en Chine à un lieu indéterminé dans les temps anciens.

Plus d’information sur Bodhidharma sur le site Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bodhidharma

Plus d’information sur Bodhidharma sur le site de l’érudit Jacques Prestreau
http://pagesperso-orange.fr/jacques.prestreau/dicozen/b.htm#boddhidharma

 

QUELQUES CARACTÉRISTIQUES DU KUNG-FU ANCESTRAL CLASSIQUE DE NOTRE ÉCOLE

De même, dans les arts martiaux modernes, au Japon, l’utilisation du terme dan a commencé à partir du judo et les autres disciplines ont suivi progressivement ce modèle pour désigner les grades obtenus au cours de la progression. Auparavant au XIXe ce terme avait été utilisé d’une façon peu systématique en art du sabre (Kenjutsu). Avec l’expansion mondiale de la pratique des arts martiaux, il est devenu aujourd’hui quasi international. Source
  • Dans notre école, l’accent est mis sur l’apprentissage de tao. Le tao est un enchaînement de mouvement de Kung-fu. Le kata est l’équivalent du Tao pour le karaté et la forme son équivalent pour le taïjiquan. Il n’y a ni entraînement à deux, ni compétition, ni trophée, ni combat. Dans des versions plus sportives l’apprentissage de tao est quelquefois moins soutenu au profit de l’entraînement à deux et de la préparation de compétitions.

  • Dans notre école des exercices de musculation et d’assouplissement préparent ou complètent l’apprentissage de tao. Dans des versions plus sportives, les exercices de musculation et d’assouplissement peuvent être moins nécessaires.

  • Dans notre école, les techniques importantes de respiration et de Qi sont au cœur de l’apprentissage de tao. Dans des versions plus sportives, elles n’existent pas toujours, étant de peu d’utilité pour les compétitions.

  • Dans notre école, il n’y a pas de niveau (couleur, ceinture, grade ou diplôme) et pas de passage de grade qui sont des inventions modernes nécessaire pour la compétition. Après son adoption un peu partout dans le monde, ce n’est qu’en 1998 qu’un système de grade a été finalement adopté pour le Kung-fu (wushu) en Chine. Plus de détails sur l’adoption des grades en Chine :
    http://www.shinryu.fr/2202-dan.html
  • De nos jours, il y a de plus en plus de spectacle de Kung-fu. Il s’agit souvent de numéros d’acrobatie d’une précision à couper le souffle. Certains font même du Kung-fu artistique comme d’autres font du patinage artistique. Ce sont toutes des inventions modernes qui viennent enrichir la tradition mais qui sont inconnues dans notre école.

La multitude des styles et des écoles de kung-fu permet d’offrir une grande variété d’apprentissages ayant des particularités aussi diversifiées qu’intéressantes.

Dans notre école nous retrouvons des exercices de musculation, d’assouplissement, de respiration et de Qi avec l’indispensable apprentissage de tao. Sans grade, sans musique, sans exhibition, sans compétition et sans trophée. On y vient pour toutes sorte de raisons : pour se remettre ou rester en forme, pour le cardio-vasculaire qu’il procure, pour le simple plaisir de bouger, etc. Cependant, habituellement, on y reste parce qu’il est rare qu’on puisse célébrer avec une telle intensité notre joie d’être vivant.

Il est rare qu’on puisse célébrer avec une telle intensité notre joie d’être vivant.