Le Taïjiquan, la plante et le dragon


QUESTION ------------------------------------------------------------------------------------------------

Bonjour,

Je visitais dernièrement votre site et votre rubrique « La méditation taoïste et l’alchimie interne : Neigong ». J’ai vu des techniques que je ne connaissais pas beaucoup.

• le pompage du Qi
• la petite boucle
• le grand circuit
• la technique bou-tong
• la ceinture de Qi
• la perle
• la sphère d’énergie
• etc.

Je pratique depuis quelque temps chez moi le petit circuit céleste ( avec ressentis du Dantian inférieur) et j’aimerai en connaitre un peu plus sur ces techniques de Neigong que vous proposez, sachant que je m’intéresse surtout aux techniques de stockage d’énergie (Qi) dans le(s) Dantian(s).

Vous conseillez de vous envoyer un email pour plus d’informations, je n’ai donc pas hésité. Merci d’avance et très bonne journée à vous.

Cordialement.

Benoit

RÉPONSE ------------------------------------------------------------------------------------------------

Les origines très anciennes du Neigong

Issu de la tradition chinoise, le Neigong était anciennement appelé « culture du Qi ». Maintenant, le Neigong est aussi appelé « alchimie interne taoïste », « gigong interne » ou « art du Qi ». L’ingrédient principal du Neigong est le Qi qui a été découvert il y a plusieurs milliers d’année.

Le Qi (prononcez tchi) nous échappe si nous essayons de le définir. Nous n’essayerons même pas. Il vaut mieux en faire l’expérience. Seule la sensibilité permet de côtoyer le Qi correctement. Avec un professeur qualifié, on peut « goûter » au Qi en moins de 5 minutes. Ensuite, c’est une exploration qui dure toute une vie.

On peut trouver des références au Neigong et au Qi dans les plus vieux textes chinois comme par exemple dans le Yi King et le Tao Te King.

Caché au plus profond de chacun de nous, le « vrai yang » jaillit spontanément. Son abondance est souvent obscurcie par certains conditionnements. Si on lui permet de couler, on le retrouve fort et clair. Pour cela, il suffit de laisser s’accomplir l’apparition, le déploiement, la manifestation et la disparition. Il suffit d’un léger effort pour retrouver le cycle et les quatre phases puis, spontanément, le naturel reprend sa place. Il convient de cultiver les cycles du Qi, du mouvement, de la détente, de la respiration et de l’alignement. Il faut tenir compte de chacune des quatre phases, des cinq éléments, ainsi que du procédé de « combustion » assuré par le Dantian. Yi-King (2 900 av.J.-C.)

Le Qi est donc connu depuis plus de cinq mille ans en Chine. Au fil des siècles, les moyens pour l’aborder correctement ont été développés. Ce fut une entreprise difficile. Très tôt, les chercheurs ont constaté que dans le domaine du Qi, certaines interventions, celles qui allaient dans le sens du naturel, étaient bénéfiques et que d’autres étaient fâcheuses et même néfastes.

Ils ont aussi découvert que la seule observation en elle-même était une intervention, ce qui rendait l’approche encore plus difficile. Ils ont découvert encore que le Neigong pouvait être fait pour lui-même comme dans le Taïjiquan ancestral classique tel que nous l’enseignons dans notre école ou pour développer des techniques meurtrières comme dans certains gongfu et certains Taïjiquan ou encore pour développer des techniques thérapeutiques comme dans la médecine traditionnelle chinoise.

Si le Qi n’est pas développé pour lui-même, il faut envisager des difficultés additionnelles, voire même des risques. Ces risques sont à évaluer à la lumière des résultats anticipés, comme se défendre contre un adversaire ou vaincre une maladie difficile. Il y eut des époques où pour rester en vie il fallait sa défendre soi-même contre des adversaires et la maladie, la police et la médecine étant complètement absents.

La CULTURE du Qi et les dangers du DRAGON

Les spécialistes du Qi de toutes les époques savent qu’on doit se comporter avec le Qi à la fois comme avec une plante fragile qu’il faut CULTIVER avec précaution et comme avec un DRAGON qu’il faut nourrir sans se faire dévorer.

Les textes anciens qui décrivent le Neigong utilisent le terme « culture du Qi » à cause des similitudes qui existent entre le Qi et la plante. Les soins à apporter au Qi ressemblent à ceux qu’on peut apporter à une plante. Comme la plante on peut cultiver le Qi. On ne « travaille » ni ne « développe » ni ne « contrôle » le Qi, comme la plante. Les deux sont vivants, surprenants, imprévisibles, incontrôlables et indomptables. Une fois nos interventions terminées, la nature joue son rôle et les résultats nous échappent.

Quelquefois même, le Qi peut receler des dangers, tel un « dragon », des fonctions vitales peuvent être perturbées et notre santé menacée. C’est pour ces raisons qu’il faut cultiver simultanément les cinq arts (l’écoute, le relâchement, l’ouverture, le mouvement et l’alignement). Pour les mêmes raisons, il faut apprendre les techniques du Dantian. Le Dantian peut nous protéger du « dragon », comme un paratonnerre peut nous protéger de la foudre.

On ne maîtrise pas le Qi. Le Qi qu’on maîtrise n’est pas le Qi. Le Dantian permet de chevaucher le Dragon. Le Qi véritable agit spontanément. À ce moment, il n’y a plus d’effort et de non-effort. Il n’y a plus d’être et de non-être. Le mystère coule, intarissable. Yi-King

Par conséquent, le Neigong est une entreprise délicate qui doit être apprise avec un professeur qualifié qui l’a appris lui-même d’un professeur qualifié. Il faut longuement et patiemment pratiquer les techniques telles qu’on les a apprises. Ce n’est qu’avec prudence et après une longue fréquentation des techniques connues qu’on peut s’écarter un peu des sentiers battus. L’improvisation est à déconseiller. Pour les mêmes raisons, il faut éviter les apprentissages avec des cassettes vidéo, des livres et des ateliers de fin de semaine, sauf dans des cas très particuliers.

Dans le Taïjiquan ancestral classique, le neigong ou l’art du Qi (l’écoute) est donc toujours enseigné avec les techniques du Dantian. Il est aussi toujours accompagné de l’art du relâchement (la détente), de l’art de l’ouverture (la respiration), de l’art du mouvement (la musculation, l’assouplissement, l’automassage et le gigong) et de l’art de l’alignement (les postures et les formes).

La culture de la détente et de la respiration

Les inventeurs lointains de la culture du Qi (Neigong), ont aussi en même temps développé la culture de la détente et de la respiration, sans lesquels le Qi ne peut se manifester correctement.

La culture du Qi, celle de la détente et celle de la respiration sont ainsi enseignées depuis plusieurs milliers d’années dans des écoles aux noms évocateurs comme l’école des Cinq Éléments, l’école de la Clarté Suprême, l’école Longmen, l’école de l’Alchimie d’Or, l’école de la Porte du Dragon et l’école de la Montagne d’Or. Des écoles comme celles-ci existent encore en Chine, mais elles sont presque inexistantes à l’extérieur de la Chine. Elles sont toujours difficiles à trouver car elles opèrent sans publicité et sans local officiel, souvent dans des maisons privées et leurs activités ne vous sont accessibles que si vous êtes présenté par une personne déjà initiée.

La culture du mouvement et de l’alignement

Plus tardivement et parallèlement à la culture du Qi, les inventeurs du Neigong ont aussi développé la culture du mouvement et la culture de l’alignement sous forme d’exercices de musculation, d’exercices d’étirement, de techniques d’automassage et d’exercices de Qigong. Au fil des siècles, les cinq éléments (le Qi, la détente, la respiration, le mouvement et l’alignement) ont été mis en relation de plus en plus étroite les uns avec les autres. Une évidence s’imposait : chacun des cinq éléments est indispensable à tous les autres.

Il y a moins de mille ans, l’intégration des cinq éléments a trouvé un de ses aboutissements ultimes grâce à l’invention des postures du Taïjiquan (Tai Chi) dont la composition et la structure permettent l’union et l’expression pleine et entière des cinq éléments. L’appellation « Taïjiquan des cinq éléments » comme nous l’enseignons dans notre école fait référence à cette méthode. Notre Taïjiquan est aussi appelé « Méthode des Treize », car les cinq élément correspondent aux cinq constituants organiques d’un ensemble qui englobe treize constituants. 

Les traditions chinoises sont nombreuses et diversifiées

Les traditions d’origine chinoise comme le Neigong sont innombrables. Elles s’expriment en une très grande diversité de variantes. Il existe de très nombreuses techniques de Neigong (Qi) et de Taïjiquan et elles ne sont pas toutes destinées à intégrer les cinq éléments tel que décrit précédemment.

Les techniques de Neigong comme celles du « Petit circuit céleste » et celles du « Dantian » sont très populaires en Chine et existent dans de nombreuses versions. Parfois elles permettent l’intégration des cinq éléments, parfois non. Comment savoir ?

Voici les questions qu’il faut poser :

  • Est-ce que ces techniques de Neigong sont associées à une certaine façon de respirer ?
  • Sont-elles reliées à une certaine façon de se détendre ?
  • Tiennent-elles compte d’un certain alignement corporel ?
  • Sont–elles modulées avec des cycles et des phases ?
  • Sont-elles associées au Dantian et à ses moyens d’action comme les poussées, les audianas, les volets, les oudjaï et les extrusions ?

Pour qu’une version du « Petit circuit céleste » et du « Dantian » puisse s’intégrer aux cinq éléments telle que nous l’enseignons dans notre école il faut pouvoir répondre « oui » à toutes ces questions.

La tradition des cinq éléments

Dans le Taïjiquan des cinq éléments tel que nous l’enseignons dans notre école, les éléments sont inséparables. Ils sont d’abord appris séparément. Ils sont destinés à s’intégrer les uns avec les autres, grâce aux postures du taïjiquan. L’apprentissage est graduel et se fait en plusieurs niveaux de cours qui s’échelonnent sur plusieurs années. Un Neigong très perfectionné se cache au cœur de notre apprentissage, mais il est souvent enseigné après les autres composantes indispensables qui le préparent.

Prenons juste l’exemple de l’élément détente. Une très grande détente est nécessaire pour que le Qi se manifeste avec abondance et justesse. Comparons le Qi à l’électricité et comparons notre corps à un fil électrique. L’électricité passe correctement dans un fil de cuivre. Pour des meilleurs résultats, le fil sera en argent et en or, comme dans les circuits de certains ordinateurs. Dans les fusées, on utilisera le platine pour éliminer toute résistance au passage de l’électricité. À l’opposé, l’aluminium, laisse très mal passer l’électricité. Il chauffe et quelquefois peut déclencher des incendies. Un corps sans détente est comme un fil d’aluminium et un corps très détendu est comme un fil de platine. Le Neigong requiert une détente poussée. Sans elles le Qi ne peut « passer » correctement. Comment obtenir une telle détente ? Il faut longuement apprendre les techniques de la détente par le « lourd », la détente par « la roulade », la détente par « la chute des épaules », la détente par « la roulade du bassin », etc. c’est un apprentissage qui peut durer des années.

Les techniques comme le pompage du Qi, la petite boucle, le grand circuit, la technique bou-tong, la ceinture de Qi, la perle et la sphère d’énergie sont des techniques de Neigong dites « de l’homme » ou « du ciel » qui servent à une intégration plus raffinée des cinq éléments. Celles-ci sont habituellement apprises après de longues années, lorsque d’autres techniques plus simples dites « de la terre » sont bien intégrées.

Voici un aperçu des grandes lignes de l’apprentissage du Taïjiquan des cinq arts (cinq éléments) et quelques exemples de leurs techniques caractéristiques. Les appellations « la Terre », « l’Homme » et « le Ciel » servent d’appellation poétique aux trois niveaux d’apprentissage du Taïjiquan (Tai Chi).

Les techniques « de la terre »

  • Des postures et des formes plus modernes et plus simples comme les 11, les 24 et les 108 Postures
  • L’enracinement de chaque posture de Taïjiquan
  • Le Gigong des brocarts
  • Les Gigong du Liangong
  • L’alignement de la bascule du bassin
  • La respiration abdominale et thoracique
  • La grande détente de l’enracinement
  • Le Qi dans les mains
  • La localisation du Dantian
  • La sensibilité au Dantian

Les techniques « de l’homme »

  • Les postures et les formes plus anciennes et plus complexes comme les 6, les 13 et les 127 Postures
  • Les quatre phases de chaque mouvement du Taïjiquan
  • La relaxation profonde
  • La respiration par étages
  • La succession des respirations abdominale et thoracique
  • La petite boucle
  • La petite circulation du Qi
  • La technique bou-tong
  • La ceinture de Qi,
  • La pseudo perle
  • La sphère d ‘énergie
  • Le Gigong du Rein
  • Le Gigong de l’arbre
  • Le Qi dans la forme
  • Le pompage du Qi
  • La prise et le maintien du Dantian

Les techniques « du ciel »

  • Les formes libres et spontanées
  • La détente avec les battements du cœur
  • Les détentes symétriques
  • Les respirations électives avancées
  • La grande circulation du Qi
  • Le Dantian immuable
  • La Perle véritable
  • Le regard taïjiquan
  • Le corps immatériel
  • Le vide/plein mental
  • Le vide/plein des sens

Pour plus de détails sur les étapes de l’apprentissage du Taïjiquan des cinq arts.


Il en faut cinq... take five

Quand l’inconcevable nous touche, une proximité sans faille , une connexion intime avec le coeur, une confiance illimitée s’installent au fond de nous. Ce sont des moments où rien d’autre ne compte, jamais notre ouverture au monde n’a été si grande, la vie nous appartient , où chaque jour nous apporte sa fraîcheur. Un esprit ouvert englobe tout, plus rien d’autre ne compte +++++++++++++++++++


Gregorian - Nothing Else Matters

+++++++++++++++++++++++++++++

So close no matter how far
Couldn’t be much more from the heart
Forever trusting who you are
And nothing else matters...


Never opened myself this way
Life is ours
, we live it our way
All these words I don’t just say
And nothing else matters...

Trust I seek, and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And nothing else matters...


Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know...

So close no matter how far
Couldn’t be much more from the heart
Forever trusting who you are
And nothing else matters...


Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know...

Never opened myself this way
Life is ours
, we live it our way
All these words I don’t just say
And nothing else matters...

Trust I seek, and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And nothing else matters...


Never cared for what they say
Never cared for games they play
Never cared for what they do
Never cared for what they know
And I know...

So close no matter how far
Couldn’t be much more from the heart
Forever trusting who you are
No, nothing else matters

Une proximité sans faille
Une connexion intime avec le cœur
Une confiance illimitée au fond de nous

Et plus rien d’autre ne compte…

Jamais notre ouverture au monde n’a été si grande
La vie nous appartient
, allons notre chemin
Tous ces mots ne sont pas que formulés
Et plus rien d’autre ne compte…

Une conviction réciproque règne
Chaque jour nous apporte sa fraîcheur
Un esprit ouvert englobe tout
Et plus rien d’autre ne compte…


Peu importe ce qu’ils font
Peu importe ce qu’ils savent
Mais je sais

Une proximité sans faille
Une connexion intime avec le cœur
Une confiance illimitée au fond de nous

Et plus rien d’autre ne compte…

Peu importe ce qu’ils font
Peu importe ce qu’ils savent
Mais je sais

Jamais notre ouverture au monde n’a été si grande
La vie nous appartient
, allons notre chemin
Tous ces mots ne sont pas que formulés
Et plus rien d’autre ne compte…

Une conviction réciproque règne
Chaque jour nous apporte sa fraîcheur
Un esprit ouvert englobe tout

Et plus rien d’autre ne compte…

Faire abstraction de ce qu’ils disent
Faire abstraction de leurs jeux
Faire abstraction de ce qu’ils font
Faire abstraction de ce qu’ils savent
Et je sais…

Une proximité sans faille
Une connexion intime avec le cœur
Une confiance illimitée au fond de nous

Non, plus rien d’autre ne compte