Échos des Grands Stages

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Tel le héron, l’humain fait Un avec la nature.

Contrairement au héron, souvent il se sent un étranger dans la nature,
car il se voit tel un esprit qui habite un corps entouré de tout ce qui existe.

Nous touchons au programme de nos Grands Stages de l’été 2016.
Nous touchons ici aux fondations même du taïjiquan

 

 

 

 

Un retour en arrière

Pourquoi revenir sur un Grand Stage passé ?
D’abord, pour permettre aux participants d’apprécier ce qu’il ont vécu avec du recul.
Puis, pour donner peut-être aux autres le goût pour une prochaine fois.
Enfin, voici une bellle occasion de souligner la spécificité de notre école.

Revenu depuis maintenant plus d’une semaine du Grand Stage en Gaspésie, sous sommes encore imprégné des montagnes, du ciel et de la mer qui vibrent dans chacune de nos cellules. Dans le cas du Grand Stage à Montréal les liens avec la nature, bien que plus limités n’en étaient pas moins présents.

Les cours hebdomadaires sont composés d’un si grand éventail de techniques que l’essentiel du taïjiquan reste souvent floue. Le Grand Stage contient beaucoup plus de floue que celui d’un cours hebdomadaire. Le floue est quelquefois préférable, car il peut être porteur de fraîcheur et de nouveauté. L’essentiel ne s’adresse pas au cognitif et se retrouve plus dans le floue que dans le clair de la pensée. 

 

L’essentiel du taïjiquan

Mais, qu’est-ce donc que cet essentiel ? Il est difficile à expliquer, c’est pourquoi le taïjiquan contient peu de mots et beaucoup de techniques. Voici quelques indices : dans la tradition chinoise de l’Alchimie taoïste dont fait partie le taïjiquan, il est dit que : « Dans le ventre de notre mère, la nature originelle et la vie sont entrelacées comme des flammes dans une fournaise. » À la naissance, « telle une montagne qui s’effondre, le fœtus tombe et sort. Dès les premiers cris du nouveau-né, la nature originelle et la vie sont séparés. » Le processus alchimique consiste à immerger le feu (le Dantian) dans l’eau (le Qi) afin que la nature originelle (le cosmos physique) et la vie (la sphère vivante et l’humanité) puissent à nouveau fusionner. Détails.

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Tel le héron, l’humain fait Un avec la nature.

Contrairement au héron, souvent il se sent un étranger dans la nature,

car il se voit tel un esprit qui habite un corps entouré de tout ce qui existe.

 

Le taïjqiuan ouvre une fenêtre sur l’Unité.

 

 

 

 

 

C’est dans les rapports de l’homme avec la nature que la peinture de la Chine et du Japon a cherché et trouvé son succès le plus caractéristique. Ce qui frappe d’abord, en présence de ces peintures, est sans doute le très grand nombre des sujets empruntés à la nature, et l’époque étonnamment reculée à laquelle apparaissent les thèmes de paysages. On pourrait, au premier moment, attribuer uniquement cette particularité à la passion pour la nature, à l’adoration pour les fleurs qui, depuis tant de siècles, distinguent les races jaunes. Mais on trouve dans ces écoles de peinture un sentiment plus profond que celui d’un plaisir innocent.

Certes le simple et vif plaisir de la beauté virginale des fleurs fraîchement écloses, du vert humide des prairies le long de l’eau, de l’obscur feuillage des grands arbres, du bleu si reposant pour l’œil des lointaines montagnes, ce plaisir apparaît évidemment dans d’innombrables tableaux des écoles primitives en Europe ; mais là ces grâces de la nature ne sont qu’épisodiques.

C’est un esprit bien différent qui anime les paysages de l’Asie. Nous ne sentons pas dans ces peintures que l’artiste représente quelque chose d’extérieur à lui-même ; qu’il caresse les joies paisibles apportées par les beaux paysages de la terre, ni même qu’il étudie avec admiration, avec allégresse les œuvres miraculeuses de la nature.

Mais les souffles de l’air sont devenus ses désirs mêmes, et les nuages ses pensées errantes ; les cimes des montagnes sont ses aspirations solitaires, et les torrents ses énergies déchaînées. Les fleurs, ouvrant à la lumière leur cœur le plus secret, et tremblant au souffle de la brise, semblent révéler le mystère de son cœur d’homme, le mystère de ces intuitions et de ces émotions qui ont trop de profondeur et de pudeur pour s’exprimer.

Laurence Binyon, Introduction à la peinture de la chine et du japon, Bulletin de l’amicale franco-chinoise, 1912.

http://www.chineancienne.fr/d%C3%A9but-20e-s/binyon-introduction-%C3%A0-la-peinture-de-la-chine-et-du-japon/

 

L’alchimie du taïjiquan

Tandis que la dualité saute aux yeux, l’Unité échappe souvent à l’humain. Le taïjiquan ouvre une fenêtre sur l’Unité.

Grâce au Qi, l’évidence de l’union du corps et de l’esprit apparaît dans ce qui porte l’appellation de corps entier ou de corps/esprit.

Grâce au Dantian, l’évidence de l’Union entre le corps entier et la nature apparaît plus facilement. Voici ce qui est appelé l’Alchimie du taïjiquan. La dualité est le produit de la pensée. Quand le corps entier et son Unité avec la nature sont vue par la pensée, la vision apparaît floue. Floue ne signifie pas nul mais correspond à une vision juste et complète, celle qui s’oppose à la fragmentation de la pensée.   

Cette année, le Grand Stage comprenait :

  • Quelques explications concernant la composition du taïjiquan et son processus alchimie.
  • Le rôle du Qi et du Dantian dans ce processus alchimique.
  • Quelques explications sur certain événements historiques qui ont présidé à la création et à la diffusion du taïjiquan.
     
  • L’exploration du Qi et du Dantian au sol, sans mouvements. Voici quelques détails :
    Les techniques de la main, du Petit Circuit et de la prise du Dantian. 
  • L’exploration du Qi et du Dantian dans le micro-taïjiquan.
  • L’exploration du Qi et du Dantian avec chacun des 13 constituants du taïjiquan.
  • L’exploration du Qi et du Dantian avec le qigong des 13 Postures primitives.
  • La technique de la digestion heureuse.
  • Les clefs de la détente profonde. En voici les appellations :
    La détente par le lourd, la détente par le chaud, la détente par la respiration, la détente par le cœur, la détente par le pouls, la détente du visage qui comprend (le front, les yeux, les pommettes et le nez, les joues, les mâchoires, les lèvres, la langue, la gorge). 
  • Les clefs de la respiration complète. Voici quelques détails :
    Les respirations abdominale, thoracique, rénale, par étage, claviculaire, en apnée à plein, en apnée à vide, à deux, trois, quatre...  dix temps. La respiration dans la forme.
  • La recherche correcte du Qi et du Dantian avec un et plusieurs partenaires. Voici quelques détails :
    Les techniques de la main d’énergie, de la main collante, de la chenille, du duo, du trio, du Na, de la bulle collective et de l’envol de la bulle.
  • Les techniques du non-effort, de la non-action, de la non-pensée, de l’imperceptible et de l’impersonnel. Voici quelques détails :
    Les techniques des perceptions multiples, de la vision floue, des sons inédits, de la disparition du corps, des réalités alternatives.  
  • L’exploration de ce qui favorise le corps entier et l’Unité avec la nature. Voici quelques détails :
    La contemplation de la mer, du ciel et des nuages.
     
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La Grue (ou Héron) est un des oiseaux les plus appréciés en Chine. Avec le phénix, c’est l’oiseau le plus présent dans les légendes et peintures chinoises.

On considérait en effet cet oiseau comme le patriarche de tous les animaux ailés et comme la monture des Immortels. Les légendes racontent qu’elles pouvaient vivre 600 ans et qu’elles étaient autrefois des hommes qui avaient été changés en oiseaux, expliquant ainsi pourquoi elles s’intéressaient aux affaires des êtres humains.

La Grue symbolise en Chine la longévité. Ainsi on félicite encore les personnes très âgées par la formule he-shou ! qui signifie « longévité de la grue ». On trouvait des dessins de grue dans les cercueils des défunts, car elles étaient chargées d’emmener leur âme sur leur dos vers le ciel d’occident. La grue est aussi symbole de sagesse et d’élévation de l’esprit dans la culture chinoise.

http://chine.in/guide/symbolique-grue-dans-culture_2180.html

 

Les explications précédentes permettre de comprendre comment, depuis toujours en Chine,  le Héron s’impose tel un puissant symbole de l’Unité.