Origine et floraison du taïjiquan


Ce n’est que depuis peu que le taïjiquan a reçu son acceptation populaire...

Voici les grandes étapes de son développement historique :

  • Avant 1840, le taïjiquan était complètement inconnu sauf de quelques-uns. Il devient alors l’exclusivité de la famille impériale chinoise. Cet événement lui procura la notoriété.
  • En 1911, avec la fin de la dynastie Qing, il devient potentiellement accessible à tous mais il n’est encore enseigné qu’à quelques initiés.
  • En 1925, les premières classes ouvertes au grand public seront données à Shanghai en Chine.
  • À partir de 1930, l’entrée du taïjiquan en Occident se fera d’abord discrètement au sein des communautés asiatiques.
  • Vers les années 1960, le taïjiquan fera ses premières apparitions publiques en Europe et en Amérique.
  • Vers les années 1980, il se diffuse plus largement.
  • Depuis les années 2000, il devient aussi populaire que le judo, le yoga et le zen qui avaient été diffusés une trentaine d’années plus tôt.

 


LES ORIGINES DU TAÏJIQUAN

Les origines lointaines du taïjiquan se perdent dans les légendes de la Chine ancestrale.

Yang Lu-Chan (1799-1872) est le premier personnage historique relié au taïjiquan. Nous connaissons peu de choses de sa vie, de ses professeurs et du début du taïjiquan. Ce que nous pouvons affirmer avec certitude se résume comme suit :

 

  • Yang Lu-Chan, ses enfants et ses petits-enfants ont consacré leur existence au taïjiquan qui a été l’exclusivité de la famille impériale de Chine, héritière de la dynastie Qing qui a pris fin en 1911.
  • D’autres familles sont aussi reliées au taïjiquan : Yang-Lu-Chan aurait reçu des enseignements de la famille Chen.
  • Les puissantes familles Wu et Li, alliées à la famille impériale dirigeante dont plusieurs représentants auraient compté parmi ses premiers élèves et seront aussi dans les premiers à enseigner le taïjiquan à leur tour.
  • À ses débuts le taïjiquan sera marqué par le style Chen, le style Yang, le style Wu Jianquan, le style Wu Yuxian, le style Wu Hao et le style Li. Les premières familles à s’y intéresser donneront ainsi leurs noms aux premiers styles de taïjiquan.
  • En 1925, Yang Chen-Fu, petit fils de Yang Lu-Chan, donnera à Shanghai en Chine le premier cours public de taïjiquan au monde.

Timidement aux environs de 1940 puis, de plus en plus à partir des années 1960, le taïjiquan fera son entrée en Occident.

Pour plus d’information, voir Les premiers cours publics de taïjiquan.

En voici quelques jalons :

  • En 1941, Choy Hok Pang, élève de Yang Chen-Fu, ouvre une école de taïjiquan à San Francisco, la première aux États-Unis et probablement la première école de taïjiquan à l’extérieur de la Chine.
  • En 1950, Wang Yen-nien commence à enseigner le Yangjia Michuan Taijiquan à Taiwan.
  • En 1957, Sophia Delza, élève de Choy Hok Peng et de Ma Yueh-liang (élève de Wu Jian-Quan), ouvre une école à New York et devient la première Occidentale à enseigner le taïjiquan, en Amérique du Nord et dans le monde.
  • En 1965, Pytt Geedes, (née Gerda Meyer Bruun), élève de Choy Hok Peng (élève de Yang Chen-Fu) et de son fils Choy Kam-Man, ouvre une école de taïjiquan en Grande-Bretagne, la première en Europe. Un acupuncteur, Felix Mann, fut son premier élève. Elle enseigna jusqu’en 2002.
  • Qualifiée de doyenne et de marraine du taïjiquan en Belgique, l’actrice Cara van Wersch apprend puis enseigne le yoga (1958), le taïjiquan (1972) et le massage chinois.
  • À partir de 1960 au Québec, les premières classes de taïjiquan sont ouvertes par Monsieur Tam, Lee Shiu-Pak, Irving Leong, Van-Luu Tran, Leon Xu, Lew Yung-Chien, Florence Wong, Édouard Roy, etc.
  • À la même époque, plusieurs professeurs de kung-fu wushu, tel que Kai Leung à Montréal, enseignent aussi le taïjiquan.
  • En 1964, Cheng Man Ching arrive aux États-Unis et il ouvre une école de taïjiquan à New-York.
  • Vers 1970, Guo Chi arrive en Belgique et devient un des premiers professeurs de taïjiquan du pays.
  • Deux ans plus tard, Sangeetam, un Américain ayant transité par Londres et devenu élève de Chu King Hung, arrive en Belgique et enseigne le taïjiquan.
  • Dans les années 1970, Roland Habersetzer et Pierre Portocarrero font connaître la version japonaise (taikyokuken) de la forme des 24 postures du taïjiquan de Yong Meiji (Yang Ming Shi).
  • Dans les années 1970, le Sino-Vietnamien Hoang Nam à Paris est un des premiers à enseigner le taïjiquan en France.

Depuis presque cent ans, une multitude de professeurs à travers le monde entier apprennent et perfectionnent le taïjiquan qui, petit à petit, se transforme. À l’aube du XXIe siècle, le taïjiquan est maintenant devenu un arbre avec de multiples ramifications. Chacune d’elles embaume d’une étonnante floraison. Sous l’appellation « taïjiquan » nous retrouvons maintenant plusieurs démarches souvent très différentes les unes des autres.


LA FLORAISON DU TAÏJIQUAN

Les experts qui perfectionnent le taïjiquan n’ont pas tous le même objectif qui peut être le combat, le qigong, la gymnastique ou le sport comme suit :

  • Certains professeurs de taïjiquan utilisent leurs techniques comme une variété du kung-fu wushu chinois et perfectionnent des techniques de combat.
  • Certains professeurs, comme c’est le cas à notre école, se servent des mouvements du taïjiquan pour perfectionner le qigong aussi appelé le neigong, qigong interne, l’alchimie interne chinoise ou kung-fu de la voie interne.
  • Certains professeurs considèrent le taïjiquan comme une gymnastique chinoise ou le grand art dynamique des mouvements du corps humain.
  • Certains professeurs qui voient un sport dans le taïjiquan se vouent à la performance dans des compétitions sportives. Par exemple ils espèrent voir le taïjiquan reconnu comme discipline olympique.

Après cent ans d’existence publique et de diffusion à travers la planète entière, des objectifs si différents ne pouvaient que générer des systèmes très différents. Sous l’appellation « taïjiquan » on retrouve maintenant PLUSIEURS SYSTÈMES DISTINCTS. Tous ces systèmes ont le même tronc commun et tous ils contiennent des mouvements de combat exécutés lentement. Cependant, il ne s’agit pas de différents aspects d’un seul système appelé taïjiquan, mais bien de grandes tendances dont chacune d’entre elles s’est cristallisée en un système particulier et s’est développée selon ses priorités grâce à divers professeurs dont l’enseignement a rejoint des publics spécifiques.

Cette présentation des différents objectifs du taïjiquan et des systèmes distincts qui en découlent provient du compte rendu officiel du premier Symposium international des maîtres de taïjiquan de Chine, une rencontre sans précédent dans l’histoire du taïjiquan.


LE PREMIER SYMPOSIUM INTERNATIONAL DES MAÎTRES DE TAÏJIQUAN

Le riche diversité du taïjiquan a été officiellement reconnue en 2006 par environ 70 des plus connus représentants des styles de taïjiquan les plus célèbres dans le monde qui se sont réunis lors du premier Symposium international des maîtres de taïjiquan.

Le compte rendu du Symposium se trouve en détail dans le livre Accomplishments of Modern Tai Ji Masters (en chinois et en anglais), publié par Chinese Traditional Kung-fu Magazine, The Line of Chinese Traditional Kung-fu Culture, Tai Ji Quan Kung-fu Series, 2007

Des extraits du compte rendu se trouve sur le site CHINESE TRADITIONAL KUNG-FU
http://www.tinwopp.com/engver/ctk/tjforum.html

 

La rencontre qui a eu lieu dans la ville de Ma’anshan en Chine s’est conclue par une déclaration solennelle de la majorité des participants, la Déclaration de Ma’anshan, qui identifie les trois plus grandes tendances du taïjiquan à travers le monde et qui invite à la reconnaissance de cette réalité et au respect mutuel.

LA DÉCLARATION DE MA’ANSHAN

Aujourd’hui, nous les descendants et les experts représentant toutes les écoles de taïjiquan à la fois en Chine et à l’étranger nous sommes réunis dans la ville de Ma’anshan, province de l’Anhui, en Chine, pour assister au troisième Séminaire chinois des maîtres de taïjiquan de Chine et au premier Symposium international des maîtres de taïjiquan.

Nous sommes tous des propagateurs enthousiastes de la culture traditionnelle chinoise et du taïjiquan.

Le taïjiquan est une combinaison du kung-fu wushu traditionnel et du wushu sportif. Le taïjiquan peut inclure autant la compétition que la préservation de la santé. Les pratiquants du taïjiquan sont aujourd’hui disséminés sur toute la planète.

Au cours de son développement historique qui a duré près de 100 ans, le taïjiquan s’est façonné en plusieurs grandes formulations dont voici les trois principales : le taïjiquan kung-fu wushu traditionnel [neija de la voie interne ou qigong et waija de la voie externe ou combat], le taïjiquan pour le maintien de la santé (le taïjiquan gymnastique) et le taïjiquan sportif pour la compétition. Nous reconnaissons officiellement l’authenticité de ses trois grandes formulations et leur perfectionnement spécifique. Nous souhaitons un enrichissement mutuel dont nous pourrons tous bénéficier, grâce à la communication et à la coopération.

Nous reconnaissons respectueusement les efforts de tous les héritiers du taïjiquan pour leurs contributions à son développement. Nous croyons que la pratique du taïjiquan sera un atout précieux pour l’humanité du futur, que les pratiquants du taïjiquan se comporteront avec tolérance et respect mutuels et qu’ils favoriseront ainsi une meilleure communication. Ensemble, ils pourront unir leurs efforts pour la promotion et le développement du taïjiquan, fleuron de la culture chinoise.


Le 18 mai 2006.


De nombreux experts ne purent se rendre au symposium mais ont exprimé leur intérêt et leurs félicitations par lettre ou par télégramme. Ceux-ci incluent Liu Jishun des États-Unis, Xu Yizhong de Taiwan, ainsi que Feng Zhiqiang, Yang Zhen Duo, Chen Xiaoxing, Wang Xian, Lin Ziqing, Jin Renlin, Jia Pu, et Hao Pingshun de Chine.

Voici les principaux représentants signataires de la déclaration de Ma’anshan. Ils sont classés selon les écoles auxquelles ils appartiennent :

  • L’école Fu Nei (le style Yang impérial) : Xiao Tieseng et Lu Shuhui.
  • L’école Li Ruidong : Li Lianke.
  • L’école Chen Fake
    1. La branche Hong Junsheng : Jiang Jiajun, Xu Guicheng, He Shugan et Peter Wu.
    Les « grands-apprentis » de Hong : Wang Zhi, Wu Huaqiang, Zhao Haixiao, Feng Taifu, Lu Shibin, Xie Jianjun, Yao Shiyu etc.
    2. La branche Li Jingwu : Li Shujune et Shan Ying.
    3. La branche Chen Zhaopi et Chen Zhaokui : Ma Hong, Chen Zhiqiang, Wang Zhanjun, Wan Mingqun.
  • L’école Hao Weizhen : Wu Wen-Han.
    Les « grands-apprentis » de Hao : Niu Zhongming, Liu Tianyong, Wang Xiaolun, Gao Liancheng, Chang Jun, etc.
  • L’école Yang Cheng-Fu
    1. La branche Li Yaxuan : Chen Longxiang et Li Mindi.
    2. La branche Fu Zhong Wen : Fu Sheng-Yuan, Tang Shoujin, Gu Shuping, Mo Rudong et James Fu.
    3. La branche Yang Sau Chung : Ma Wai Woon.
    4. La branche Don Yingjie : Dong Moli et See-ming Chan.
    5. La branche Chu Guiting : Chu Yucheng et Yan Chengde.
    6. La branche Ye Da-Mi : He Jihong.
    7. La branche Cheng Man Ching : Candra Wibawa et Ngo Kah Keat.
    8. La branche Dong Shizuo : Wang Peichang.
  • L’école Yang Ban Hou : Jia Anshu.
  • L’école Wang Peisheng : Gao Zhuangfei, Zhang Quanliang et Meng Xiangxi.
  • L’école Wang Qihe : Li Jianfang, Liu Shunzeng et Liu Yunting.


LA PORTÉE DE LA DÉCLARATION DE MA’ANSHAN

Il faut remercier Georges Saby, élève de Erle Montaigue de la lignée de Yang Ban-Hou, qui fait état du premier Symposium international des maîtres de taïjiquan de Chine dans le magazine Art et Combat, numéro 5, de juillet-août 2009.

La déclaration de Ma’anshan est maintenant vieille de 4 ans et depuis, elle n’a été que peu rapportée en Occident. La réalité actuelle du taïjiquan demande un certain recul et exige de reconsidérer les idées généralement admises à son sujet. « Le vrai et unique » taïjiquan n’est l’apanage de personne. L’existence de ces différents systèmes de taïjiquan axés soit sur le combat, le giqong, la gymnastique ou le sport est peu connue et requiert des éclaircissements. D’ailleurs, cette première reconnaissance officielle de la réalité des différentes formulations du taïjiquan, bien que majoritairement acceptée par les participants du Symposium, n’a pas fait l’unanimité.

La déclaration de Ma’anshan permet de clarifier et de nuancer certains aspects encore mal compris du taïjiquan. Ainsi :

  • On peut dire qu’il y a « un seul taïjiquan » quand on fait référence à ses racines anciennes, à certains principes qui l’animent et à ses apparences extérieures. Cependant il ne faut pas perdre de vue que cette appellation recouvre plusieurs démarches distinctes qui utilisent leurs propres techniques souvent très différentes les unes des autres et pourtant toutes aussi authentiques.
     
  • Toutes les démarches de taïjiquan peuvent comporter des éléments de combat, des éléments de qigong, des éléments de mise en forme et des éléments de compétition, mais c’est le taïjiquan kung-fu wushu waija (de la voie externe, pour le combat) qui donne accès au combat véritable, c’est le taïjiquan kung-fu wushu neija (de la voie interne ou qigong) qui permet l’exploration la plus avancée du Qi, c’est le taïjiquan gymnastique qui permet de s’adonner à la mise en forme le plus facilement et c’est le taïjiquan sportif qui permet d’aborder la compétition avec le plus d’efficacité.
     
  • Le kung-fu et le qigong sont les plus ancienne dimensions du taïjiquan. Bien que beaucoup de personnes croient que la tradition des techniques de combat du kung-fu soit la plus vieille source du taïjiquan, certains, comme c’est le cas de notre école, considèrent que le taïjiquan puise plus profondément dans la tradition de méditation du qigong.
     
    Version populaire de LA MODERNISATION DU TAÏJIQUAN : Combat → qigong → gymnastique → sport
    Version moins connue de LA MODERNISATION DU TAÏJIQUAN : Qigong → combat → gymnastique → sport
     
  • Le taïjiquan était autrefois plus souvent utilisé pour le combat (kung-fu wushu de la voie externe, ou waijia) et plus rarement comme qigong (kung-fu wushu de la voie interne ou neijia). Bien que plus ancien, le taïjiquan qigong n’a jamais été très populaire. Vers 1950, le taïjiquan axé sur la gymnastique et le taïjiquan axé sur le sport se sont développés et sont devenus populaires. Les dimensions gymnastique et sport ont pris de l’ampleur à cause de :
    1. sa diffusion de masse qui entraînera des simplifications et des fractures,
    2. des interventions du gouvernement chinois qui vise à enrichir le système de santé et l’établissement de gymnastiques spécifiquement chinois et l’établissement de sports typiquement chinois,
    3. de son introduction en Occident où les occidentaux s’en serviront pour réaliser leurs propres objectifs et
    4. de la fascination de l’Occident pour l’Asie qui favorisera une diffusion plus rapide et des transformations plus radicales.

Les différents formulations du taïjiquan ont plusieurs points communs. Par exemple : des mouvements de combat exécutés avec lenteur. À un niveau plus subtil, chaque école, même si elle se retrouve dans un seul système qui correspond à son objectif principal, va souvent emprunter des éléments des autres systèmes.

Cependant, les systèmes distincts du taïjiquan diffèrent sur beaucoup de points. Par exemple : les mouvements du taïjiquan kung-fu pour le combat sont plus resserrés et plus sobres que les mouvements du taïjiquan qigong pour l’exploration du Qi qui sont plus amples et plus aériens. Un autre exemple : le tuishou, appelé « mains collantes » ou « pousse-mains » qui est une technique effectuée avec un partenaire. Selon l’objectif du taïjiquan, le tuishou peut être utilisé accessoirement ou intensivement, et de façon différente.

LE TUISHOU

En simplifiant...

Dans le taïjiquan kung-fu pour le combat, le tuishou est la plaque tournante entre la forme et le combat. Il s’agit de développer les capacités d’adhésion et d’écoute du partenaire dans le but d’anticiper son mouvement. Dans le taïjiquan qigong, le tuishou est utilisé pour étudier occasionnellement la détente, la posture, le Qi et le Dantian. Dans le taïjiquan gymnastique il est rarement utilisé pour compléter la mise en forme. Dans le taïjiquan sportif, il s’agit d’un jeu d’opposition et d’affrontement essentiel pour les tournois où chacun des partenaires tire ou pousse pour déséquilibrer le partenaire.
 

De plus en plus de personnes s’intéressent au taïjiquan. Le reconnaissances de la riche diversité du taïjiquan, comme celle de la déclaration de Ma’anshan, va peut-être permettre à un plus grand nombre de personnes d’effectuer de meilleurs choix pour leur apprentissage. En apportant une réponse plus adéquate aux besoins variés des personnes intéressées, le taïjiquan ne pourra que se déployer avec une plus grande richesse et une plus grande notoriété.


LE TAÏJIQUAN DE L’ÉCOLE GILLES THIBAULT : le taïjiquan qigong (kung-fu de la voie interne, neija)

Le taïjiquan de notre école ne se classe pas dans la catégorie du kung-fu pour le combat (waija) car il n’est pas martial. Dans notre approche les mouvements qui s’inspirent du combat deviennent l’expression la plus complète du mouvement, de l’alignement, du relâchement, de l’ouverture et de l’écoute. Le combat, le sport et la mise en forme ne peuvent constituer un objectif. Notre taïjiquan est un art et comme tel, il ne peut avoir aucune utilité. Plus d’information.

Si on donne à l’Art un but il cesse d’être puisqu’il cesse d’être inutile. Remy de Gourmon

L’art est la recherche de l’inutile; il est dans la spéculation ce qu’est l’héroïsme dans la morale. Gustave Flaubert .

 

Le taïjiquan de notre école n’est pas de la gymnastique chinoise (le grand art dynamique des mouvements du corps humain). Le mouvement est important, mais dans notre approche, il ne peut être le seul objectif et occuper toute la place. La mise en forme n’est pas un but mais une conséquence. Notre taïjiquan est la synthèse de cinq arts. Cinq art reliés et subordonnés que nous enseigne l’observation du vivant. Les voici dans l’ordre inversé de leur importance : l’art du mouvement, l’art de la posture, l’art de la détente, l’art de la respiration et l’art du Qi. Plus d’information.

L’art est imitation de la nature. Aristote

Le taïjiquan de notre école n’est pas sportif car il ne contient ni performance ni compétition. Notre choix n’implique aucune critique négative de la performance et de la compétition qui ont leurs mérites dans les domaines où ils s’appliquent. Cependant, dans notre approche, la recherche et la découverte, la curiosité, le plaisir et le jeu (celui des enfants) sont des bases essentielles à la démarche qui exclue la performance et la compétition. Plus d’information.

Rien ne peut être plus opposé à tous les arts et sciences que le goût de l’exploit, parce qu’il gauchit la nature, qui est le modèle premier de tout le beau et de tout le sublime. Kant
 

Le taïjiquan de l’École Gilles Thibault se classe dans la catégorie du taïjiquan qigong appelé aussi taïjiquan du Naturel. Il fait partie de la famille du kung-fu de la voie interne (neija). Il est destiné en priorité à nourrir le Qi, puis à nourrir la respiration, la détente, la posture et le mouvement. Il n’a d’autres finalités ni d’autres ambitions que de favoriser, d’exprimer et de célébrer notre nature profonde.

Le taïjiquan... un arbre aux multiples floraisons