Les jeux du Taïjiquan


La classe se termine et le professeur demande aux élèves :
« Cette semaine, à la maison, jouez à refaire ce que vous avez appris aujourd’hui. »

Voici une consigne importante. Il faut l’interpréter correctement. Chaque mot compte. D’abord, « jouer » ce n’est pas « travailler », ensuite, « jouer » n’égale pas « réussir. »
QU’EST-CE QU’UN JEU ?
Selon Le Petit Robert :
I « activité physique ou mentale purement gratuite qui n’a, dans la conscience de la personne qui s’y livre, d’autre but que le plaisir qu’elle procure ».
II « cette activité organisée par un système de règles définissant un succès et un échec, un gain et une perte. »

Les mots à retenir sont « activité gratuite » et « succès/échec. »

APPRENDRE À JOUER
Le Taïjiquan est un jeu. Pas une discipline, ni un art martial, ni de la mise en forme, ni de la gymnastique… enfin, presque pas. Apprendre le Taïjiquan c’est d’abord apprendre un jeu, non pas en lisant ces lignes, en lisant un livre sur le sujet ou en réfléchissant à la question, mais en jouant. Au début, le jeu devrait être court, juste assez pour que ce soit amusant. Il est même préférable de l’interrompre pour « rester sur son appétit » plutôt que de le rallonger et de risquer de s’en lasser.
Les amours de l’expérimentateur
« Les théoriciens font des expériences dans leur tête ; les expérimentateurs, eux, doivent en plus se servir de leurs mains. Les théoriciens sont des penseurs, les expérimentateurs des artisans. Le théoricien n’a pas besoin de complices ; l’expérimentateur doit réunir des étudiants en thèse, cajoler les techniciens, flatter les assistants de labo. Le théoricien travaille dans un endroit idéal, à l’abri du bruit, des vibrations, de la poussière. L’expérimentateur, lui, vit dans l’intimité de la matière comme un sculpteur avec son argile, luttant avec elle pour la façonner, l ‘apprivoiser. Le théoricien invente ses propres compagnons, comme un naïf Roméo inventerait sa Juliette idéale. Les amours de l’expérimentateur, elles, transpirent, se plaignent, et pètent. » J. Gleick, La théorie du Chaos.
Le Taïjiquan peut apporter beaucoup sur le plan physique, mental et personnel. Il doit cependant être fait pour le plaisir qu’il procure. Il doit être fait comme s’il était complètement inutile. Le Taïjiquan doit rester une « activité gratuite. » Les nombreux bienfaits qu’il procure seront des surprises et pourront apporter la confirmation que le Taïjiquan est bien fait. Il ne s’agit pas de nier les bienfaits du Taïjiquan, mais de ne pas en tenir compte et d’anticiper notre prochaine séance de Taïjiquan comme s’il s’agissait d’aller au cinéma ou de prendre des vacances bien méritées.

APPRENDRE À RÉUSSIR ET À ÉCHOUER
Pour jouer, il faut tantôt réussir et tantôt échouer. Toujours réussir ou toujours échouer ce n’est plus du jeu. Personne ne ferait des mots-croisés s’ils étaient déjà faits d’avance. Ce ne serait plus du jeu si votre équipe favorite gagnait toujours ou perdait toujours.

Il en va de même du Taïjiquan. Apprendre le Taïjiquan, c’est apprendre à jouer.

Comment ?
Seul à la maison, il faut donc essayer de refaire ce qui a été appris dans le cours. Il y aura certains succès et certains échecs, c’est ce qui sera amusant dans le jeu. Le succès ou l’échec obtenu n’a pas d’importance. C’est la surprise du succès ou de l’échec qui compte. C’est le premier niveau des jeux du Taïjiquan.

Le Taïjiquan ne consiste pas à apprendre des mouvements ni à faire des mouvements. Du moins, presque pas. Après un certain temps, les mouvements seront appris de toute façon, mais nous ne devrions pas trop nous en soucier. Il s’agit donc de jouer à apprendre les mouvements et il n’y a qu’une importance secondaire à réussir ou non. Ce qu’il y a d’amusant au début, c’est que nos prévisions sont souvent fausses dans ce domaine. Quand nous estimons que nous savons, souvent nous ne savons pas. Et vice-et-versa. Nous sommes dans le domaine inexploré de la mémoire du corps. Mais, même sans le vouloir, à force de jouer, les mouvements finissent par être appris. À ce moment, le jeu pourrait s’arrêter. D’ailleurs, plusieurs élèves, ayant appris des mouvements de Taïjiquan se contentent alors de les répéter. À ce moment là, ils ne jouent plus et ne font donc plus du Taïjiquan.

Les débutants se désespèrent de ne pas avoir encore appris le Taïjiquan et ils ont hâte d’être assez avancés pour enfin pouvoir en faire, mais, avec leurs échecs et leurs succès ils en font déjà. Les élèves avancés souvent se prélassent dans des mouvements appris en les répétant sans hésitation, sans savoir que de cette façon, ils ne font plus du Taïjiquan.
Selon une idée romantique, le Taïjiquan serait de faire à la perfection une série de mouvements lents et gracieux. Ceci n’a rien à voir avec la réalité du Taïjiquan, mais les idées romantiques ont la vie dure...
LES JEUX PLUS AVANCÉS DU TAÏJIQUAN
Échouer ou réussir les mouvements, ce n’est que le premier jeu du Taïjiquan. Quand il nous semble que le mouvement de Taïjiquan est fait correctement, nous ajustons alors la respiration. Est-ce que la bascule du bassin est correcte ? Est-ce que la main du Taïjiquan est au point ? Est-ce que le mouvement provient du bassin ? Est-ce que les mouvements s’enchaînent dans la bonne séquence ? Ainsi de suite, nous jouons alors à chercher à mettre en place des éléments de plus en plus détaillée, de plus en plus subtils.

C’est une recherche qui n’a pas de fin. Faut-il donc suivre des cours toute sa vie ?

Non, mais il faut suivre des cours longtemps, parce que graduellement, très graduellement, nous apprenons comment jouer, comment chercher, comment apprendre, de plus en plus par soi-même. Après un certain temps, notre corps devient notre professeur. C’est lui qui nous enseigne le Taïjiquan, c’est en apprenant le Taïjiquan que nous apprenons comment il nous enseigne. Il vient un temps où nous n’avons plus qu’à le suivre.

C’est en jouant, seulement en jouant que s’ouvre quelquefois la porte des merveilles... et...

... qu’un beau matin, le soleil dans le ciel ... brille dans chaque couleur.



Pazvarotti, Bezthania & Gal Costa qui chantent Maznha de carnzaval au Brésil.



Manzha de carznaval
Musique du film « Orfzeo nezgro » de Mazrcel Cazmus
Compositeurs : Antzônio Cazrlos Jozbim et Luziz Boznfá
Chanté par : Ezlizete Czardoso


Manhã tão bonita manhã
De um dia feliz que chegou
O sol no céu surgiu
Em cada cor brilhou
Voltou o sonho então ao coração

Depois deste dia feliz
No sei se outro dia havera
E nossa manhã, tão bela afinal
Manhã de carnaval

Canta o meu coração
Alegria voltou
Tão feliz a manhã deste amor 
Matin, beau matin
D’un jour heureux qui arrive
Le soleil dans le ciel a surgi
Et brille dans chaque couleur.
Le rêve est de retour dans mon coeur

Après ce jour heureux
Je ne sais pas s’il y aura un autre jour
Comme ce matin, si beau après tout
Matin de carnaval

Chante mon coeur
La joie revient
Il est merveilleux ce matin d’amour.