Le Taïjiquan et la méditation


Vous venez d’arriver à l’école de Taïjiquan. Le temps de vous installer et le cours ou la pratique débute.

Vous oubliez graduellement, cette mèche de cheveux rebelles, cette contrariété d’hier, cette liste d’épicerie à faire... Vos préoccupations quotidiennes vous quittent.

Puis, les pensées qui vont et qui viennent cessent de vous entraîner avec elles. Comme des oiseaux qui passent, elles viennent une seule à la fois ou une bande, à la volée.

Vous êtes de moins en moins concentré sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire, où il faut placer le pied, comment il faut respirer. Vous le faites, c’est tout. Vous oubliez ce qu’il faut faire tout en le faisant.

Encore un peu et vous ne tentez plus de vous dépasser, d’impressionner, vous ne vous sentez plus inférieur ni supérieur, vous ne vous sentez plus petit ni grand, ni maigre, ni gros, ni beau, ni laid… vous vous oubliez vous-même.

Enfin, vous ne distinguez plus les plantes, ni les murs, ni le plancher, ni les autres, vous oubliez votre environnement.

Ayant évacué les problèmes extérieurs, les pensées courantes, la technique, l’égo et l’environnement, vous êtes entré dans le samadhi. Sheng-yen

Vous avez traversé les dhyânas ou samapattis.
Vous êtes entré en samâdhi.
La méditation vous a rejoint.

Vous êtes entré dans la beauté, la beauté vous a rejoint, vous êtes devenu la beauté... la beauté qui n’est pas à l’opposé de la laideur. Vous êtes, vous avez toujours été un être de beauté. Vous avez été touché par le silence...le silence qui n’est pas à l’opposé du bruit.

Comme l’abeille qui bourdonne dans le feuillage

Les dhyânas et le samâdhi sont souvent décrits comme des étapes ou des buts à atteindre et la méditation comme le moyen pour les atteindre. Ils sont souvent décrits comme extraordinaires. En fait, ils sont à la fois extraordinaires et ordinaires, ce sont des états naturels. Car, la méditation n’est pas une technique, mais une surprise.

Les dhyânas et le samâdhi se produisent spontanément. Ils peuvent se produire n’importe quand. Certaines activités comme l’Alchimie interne taoïste, le Tchan (Zen au Japon), le Wushu (mal traduit par Art martial), le Qigong et le Taïjiquan, bref tous les Arts du Dao, sont « du terrain » fertile pour qu’arrive et règne la méditation.

La méditation ne consiste pas à suivre un système; ce n’est pas une constante répétition ou imitation; ce n’est pas une concentration... La méditation est un des arts majeurs dans la vie, peut-être «l’art suprême», et on ne peut l’apprendre de personne: c’est sa beauté. Il n’a pas de technique, donc pas d’autorité. explique Jiddu Krishnamurti.
 

La pratique du Taïjiquan est une salutation et une porte ouverte à la méditation. C’est elle qui nous touche et non l’inverse. Le Taïjiquan est une méditation quand, à travers le Taïjiquan, la méditation nous touche, nous transporte et que nous l’accompagnons. Alors, ce n’est pas nous qui faisons le Taïjiquan, c’est le Taïjiquan qui se fait. Dans le Taïjiquan, la méditation n’est pas une pratique mais une surprise, une retrouvaille, une joie !



Comme l’abeille bourdonne dans les feuillages, ainsi agit le murmure de la méditation. Jiddu Krishnamurti
 

L’Éveil

 

  • « Dhyânas » (écoute)
  • « samâdhi » (enstase)
  • « samapatti » (recueillement)
  • « jhâna » (en pâli)
  • « chan’na » (en chinois)
  • « zen’na » (en japonais)
  • « nirodha » (cessation)
  • « nirvâna » ou
  • « satori »

Tous ces termes désignent l’existence à l’état pur, le retour à notre état natuel, l’Éveil, l’Éveil sans éveillé.

 

MÉDITATION

La méditation "volontaire" produit l’effet inverse de celui, probablement, qui était souhaité car elle est l’expression de l’égo qui voudrait se libérer... de lui-même : ça n’a pas de sens. De plus, l’égo est un objet, et les objets ne s’adressent qu’aux objets, se renforçant mutuellement. Une telle méditation est une réduction objective à la mesure du corps-mental de la véritable méditation non-objective que nous sommes, laquelle est impersonnelle, intemporelle et ne peut être ni saisie ni pratiquée. Toute velléité de se l’approprier et de la pratiquer en fait un objet prisonnier du temps, et nous avec, par la même occasion. Donc la méditation ne peut pas être le produit d’une volonté ou d’un effort; elle est plutôt un oubli, l’oubli conscient et impersonnel de soi qui révèle (et nous plonge dans) le Soi. La méditation vraie EST cet oubli conscient qui lui-même est Connaissance. Et Joie. Monko (Patrice)
 

L’Éveil se retrouve chez tous les humains, à toutes les époques de l’histoire de l’’humanité. Malgré qu’il touche tout le monde, il passe habituellement inaperçu. Chez certains, l’Éveil s’exprime infinitésimalement chez d’autres, de façon plus visible, chez d’autres encore, de façon plus radicale. L’Éveil ne se commande pas, il arrive toujours spontanément. Quelquefois chez ceux qui utilisent certaines pratiques, certaines techniques, comme le Taïjiquan, quelquefois sans qu’il n’y ait aucune pratique, ni aucune technique. Il n’y a pas de chemin qui mène à l’Éveil, c’est lui qui nous trouve. Le Taïjiquan n’est donc pas un chemin qui mène à l’Éveil mais une expression de la joie d’être vivant et une célébration de ce merveilleux mystère qu’est la Vie.

Voir : Un bon répertoire sur diverses dimensions radicales de L’Éveil.



Wagner - La chevauchée des Walkyries


Comme l’abeille bourdonne dans les feuillages.