Le malheur, le bonheur, la sérénité et le Taïjiquan (Tai Chi)


Il ne faut rien donner
et il ne faut rien prendre,
Il ne faut aussi renoncer à rien,
Il faut simplement rester naturel.
Tilopa

Il y a le malheur, le bonheur, la sérénité et le Taïjiquan.
Il y a environ 1 000 ans, Tilopa disait à un de ses élèves : Il ne faut rien donner et il ne faut rien prendre, il ne faut aussi renoncer à rien, il faut simplement rester naturel. Que voulait-il dire ? Quel rapport avec le taïjiquan ?

Le malheur

Le malheur provient du désir de prendre toujours d’avantage. Nous le retrouvons dans la consommation pour la consommation, la compétition, le dépassement, la performance, etc. On ne peut prendre de façon illimitée. C’est le règne des excès, de l’abus, du dérèglement et du crime. Cette compulsion à prendre peut conduire à la souffrance, à l’appauvrissement, à l’obésité, aux jeux compulsionnels, au dopage, à l’épuisement, au burn-out et au suicide.

Le bonheur

Le bonheur provient du désir de donner au lieu de prendre. Nous le retrouvons dans la religion, le bénévolat, les mouvements communautaires, mère Thérèsa, etc. Donner est déjà mieux que prendre, mais on ne peut donner de façon illimitée. De plus, peut-on donner sans prendre ? C’est le règne de la charité, de la moralité, de la légalité et du contrôle. Ceux qui donnent trouvent le bonheur mais le bonheur recèle toujours une parcelle de tristesse. Cette compulsion à donner peut mener à l’exaltation, aux insatisfactions, aux contrariétés et aux frustrations.

La sérénité

La sérénité provient du renoncement. Nous la retrouvons chez le moine, le mystique, le Bouddhiste, le Jaïniste, le Taoïste, etc. Le renoncement est mieux que donner et prendre, mais il s’y oppose. Dans le renoncement, se cache un léger antagonisme et un subtil glissement dans un égocentrisme profond. Dans cette compulsion au renoncement se cache de l’indifférence, de la discipline et de la réalisation de soi. Cela peut mener à l’isolement, à la coupure et au vide.

Le désir d’une expérience,
d’une expérience de nature plus haute
qui soit au-delà du quotidien ou du commun,
c’est là ce qui assèche la source.

Krishnamurti

Le Taïjiquan

Le Taïjiquan est un jeu. Nous le retrouvons quand par exemple, des jeunes jouent au hockey dans la ruelle. C’est le règne de la spontanéité et de l’absorption dans le naturel.

Je vis au fil de l’eau
Renaud

Dans la ruelle, quand un joueur prend ou perd la rondelle, marque ou perd un but, passe généreusement la rondelle à ses coéquipiers ou la reçoit et gagne ou perd la partie, quand tout cela fait partie du plaisir de jouer, il n’y a alors aucune compulsion au malheur et aucune obsession du bonheur, parce que tous les petits malheurs et les petits bonheurs font partie d’une joie plus grande encore, celle d’être en vie.

J’ai eu si mal au coeur
Sur la mer en furie
J’ai vomi mon quatre heures
Et mon minuit aussi
J’me suis cogné partout
J’ai dormis dans des draps mouillés
Ca m’a coûté des sous
C’est d’la plaisance c’est l’pied

Renaud

Toujours dans la ruelle, même quand un joueur pratique ses lancers en dehors de la partie, même s’il parle du plaisir de jouer et même s’il en rêve, quand, après la joute, il se lance allègrement et entièrement dans d’autres choses, en oubliant le hockey, sans effort, il n’y a alors aucun insidieux renoncement et pas de mystérieux accomplissement.

Dès que le vent soufflera
Je repartira
Dès que les vents tourneront
Nous nous en all’rons

Renaud

Comme le hockey dans la ruelle, le Taïjiquan est un jeu. Pas un jeu pour être en forme (même si cela peut se produire), pas un jeu pour faire plaisir à Pierre, Jean, Jacques (même si cela peut arriver) et ni un jeu pour devenir un être accompli (même si cela peut se manifester), mais un jeu pour jouer. Il n’y a rien à gagner ou à perdre. Il n’y a rien à prendre et à donner. Il n’y a de renoncement à rien, parce que le bonheur et la sérénité sont déjà là. Quant au malheur, il n’y a pas à le chasser, lui aussi fait partie de la vie. Ce n’est pas l’homme qui prend la vie, c’est la vie qui prend l’homme.

Ce n’est pas l’homme qui se réveille ou qui dort, c’est le réveil et le sommeil qui se produisent. Ce n’est pas l’homme non plus qui nait, qui grandit, qui rit, qui pleure et qui meurt...

C’est pas l’hozmme qui prend la mer,
C’est la mer qui prend l’homme…

Reznaud

C’est pas l’homme qui prend le Taïjiquan, c’est le taïjiquan qui prend l’homme.

Le hockey dans la ruelle et le Taïjiquan ne servent qu’à mieux exprimer ce qui est déjà là et à mieux exprimer ce que l’on est. Dans certains jeux, il n’y a parfois même plus de jeu, il n’y a parfois même plus de joueur.

S’élève alors la merveilleuse mélodie de la vie.


Merci à Michel pour les photos


Dès que le vent sozufflera
Reznaud Sézchan


C’est pas l’homzme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Je m’souviens un Mardi
J’ai troqué mes santiags
Et mon cuir un peu zone
Contre une paire de dockside
Et un vieux ciré jaune
J’ai déserté les crasses
Qui m’disaient « sois prudent »
La mer c’est dégueulasse
Les poissons baisent dedans

{Refrain:}
Dès que le vent soufflera
Je repartira
Dès que les vents tourneront
Nous nous en all’rons

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mezr qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Au dépourvu tans pis
J’ai eu si mal au coeur
Sur la mer en furie
J’ai vomi mon quatre heures
Et mon minuit aussi
J’me suis cogné partout
J’ai dormis dans des draps mouillés
Ca m’a coûté des sous
C’est d’la plaisance c’est l’pied

{Refrain}

[Ho ho ho ho ho hissez haut]

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mzer qui prend l’homme
Mais elle prend pas la femme
Qui préfère la campagne
La mienne m’attend au port
Au bout de la jetée
L’horizon est bien mort
Dans ses yeux délavés
Assise sur une bitte
D’amarrage elle pleure
Son homme qui la quitte
La mer c’est son malheur

{Refrain}

C’est pas l’homzme qui prend la mer
C’est la mezr qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Comme on prend un taxi
Je ferai le tour du monde
Pour voir à chaque étape
Si tous les gars du monde
Veulent bien m’lâcher la grappe
J’irai z’aux quatre vents
Foutre un peu le boxon
Jamais les océans
N’oublieront mon prénom

{Refrain}

[Ho ho ho ho ho hissez haut]

C’est pas l’homzme qui prend la mer
C’est la mzer qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Et mon bateau aussi
Il est fier mon navire
Il est est beau mon bateau
C’est un fameux trois mats
Fin comme un oiseau [Hissez haut]
Tabarly Pageot
Kersauson et Riguidel
Naviguent pas sur des cageots
Ni sur des poubelles

{Refrain}

C’est pas l’homzme qui prend la mer
C’est la mzer qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Je m’souviens un Vendredi
Ne pleure plus ma mère
Ton fils est matelot
Ne pleure plus mon père
Je vis au fil de l’eau
Regardez votre enfant
Il est parti marin
Je sais c’est pas marrant
Mais c’était mon destin

{Refrain 3x}

Dès que le vent souzfflera
Nous repartira
Dès que les vents tozurneront
Je me n’en allerons